top of page
Rechercher
  • Marine

Sentier secret. Sentier d’enfance. Sentier d’été. En partance…

Juste un sentier en forêt, comme des retrouvailles tant attendues.

Toujours revenir, se ressourcer au creux du cœur de Nature.

Plus près du ciel, plus près de la terre.

Laisser nos pas être portés par la force et la lumière pénétrante de Nature.

Un souffle, celui des plateaux fleuris des sommets, des crêtes fières des montagnes. Comme un appel à respirer pleinement, en compagnie de tous les insectes qui vrombissent avec leurs petites ailes déployées. Remue-ménage, ça vole en tous sens, ça trépigne et ça pique. Remue-ménage, ça s’arrête seulement à la nuit tombée quand les animaux nocturnes retrouvent leur vaste décor en lui donnant vie avec leurs cris parfois inquiétants.

En sortant du sous-bois de sapins et de feuillus, le sentier dévoile l’horizon déployé comme une carte géante sur les crêtes de Villard de Lans. Et si on jouait ? Une chasse au trésor ?! Vous aimez les énigmes cachées dans la nature ?

J’ai un souvenir heureux d’une chasse au trésor en pleine forêt pour mon anniversaire quand j’étais en 6e . Je l’avais préparée avec une joie malicieuse pour mes amis venus de différents villages du plateau du Vercors. On avait couru comme des folles et des fous dans la forêt, en retrouvant les indices que j'avais semés le matin. Nous étions libres de vivre pleinement cette journée… sans surveillance. Cela laisse des traces d’une grande force en nous. Des traces de confiance. On se sentait tout puissants auprès des arbres. Tout puissants d’être présents à la vie qui bouillonnait en nous… comme l’eau d’un torrent frais, joyeux de s’écouler en jouant avec le courant. Libre.

Un avion s’est soudain envolé de la lune à trois quart pleine, bien découpée dans le bleu du ciel. Elle s’élève juste au-dessus de la ligne des sapins, si proche de nous. Plus facile de décoller de la lune que de la terre dans ce temps présent. Un jeu de lignes tracées dans l’azur. Se prendre au jeu de jouer avec son imaginaire.

Un bruissement. Un parfum fruité et attirant de longues fleurs sauvages étirées dans l’air, ouvertes en ombrelles. Les papillons gourmands de nectar ne résistent pas aux valérianes. Epilobes fuschia et grandes gentianes jaunes desséchées bordent le sentier dans un recueillement silencieux. Nous les croisons en laissant nos mains les effleurer... peut-être pour garder leur parfum au creux de nos poignets. Le bal des fleurs est d’une sensualité délicate. Et leurs soupirs au vent restent secrets pour nous. En leur compagnie, nous ressentons davantage la beauté de toute vie éphémère.

La marche est une amie merveilleuse.

Plateau de Nave, Autrans en Vercors. Un Trésor à préserver.

Souvenir 27 Août 2020.


Marine Locatelli








0 vue
  • Marine

Paris. Postproduction pour Green Teens. Lundi 15 et mardi 16 juin, voix off enregistrées au studio Capson avec Vianney Aube. Laurena et Florane ont joué ces voix off joyeuses et émouvantes devant le micro, un casque sur la tête. Un entraînement de trois semaines les a réunies presque chaque jour afin de se soutenir et d’être confiantes pour cette expérience inhabituelle. Puis le mixage s’est enchaîné. Le pré-étalonnage se poursuit au cours de la semaine du 22 juin. L'étalonnage se poursuivra à l'automne 2020. Etape suivante : signer avec un distributeur France et un distributeur international en 2021. Patience. Et nous pourrons découvrir Green Teens ensemble.

Flash-Back du printemps. Mardi 9 juin. La porte de la chambre de Laurena s’est ouverte à 13.15 dans un souffle de soulagement. 4 heures d’examen via internet s’étaient écoulées. Qui aurait imaginé en mars que les examens de nombreux étudiants se dérouleraient ainsi ou seraient annulés comme celui du bac ?



Laurena est arrivée de Suisse le dimanche 15 mars en pensant rentrer un mois plus tard dans son école de management hôtelier Vatel à Martigny, dont les cours n’ont pas repris. Déception et tristesse. Comme elle, presque tous ses amis sont restés dans leurs familles. Ils ont travaillé à distance sans leurs ateliers de pratiques organisés tous les quinze jours à l’école.

Je n’oublierai pas les arbres en fleurs apaisants du printemps 2020, notre petit brugnonier aux pétales roses en Provence. Ce jeune arbre a accueilli Laurena avec la tendresse de ses couleurs et de ses branches fragiles. Et sur le chemin de la Simone à l’orée de la forêt, un merisier blanc neige nous saluait à chacun de nos passages à la fin du jour, comme un ami.




Les fleurs roses d'un jeune brugnonier s'offrent au regard comme une invitation délicate, fleurs fraîcheur éphémères, émouvantes. Une boule de plumes s'ébat dans un bain de pâquerettes, bonheur ! Une traînée de rose lumineuse dans les lambeaux des nuages. La vision des cerisiers du Japon. Une pluie de pétales roses. Marcher sur la pointe des pieds dans cette tendresse, lentement. Et porter comme une offrande nos sourires, nos larmes à ces pétales qui s'effaceront sans laisser de traces. La beauté de la nature m'émeut par sa beauté infinie, si fragile... comme nous (instagram 17 mars 2020).



Vendredi 12 juin, le groupe de travail de Laurena sous sa supervision, constitué de deux étudiantes et d’un étudiant a présenté un projet Capstone en visioconférence, une création de restaurant pour laquelle ils ont travaillé toute l’année avec conviction : business plan, gestion, marketing, RH... un dossier complet, très apprécié du jury. Ces grands ados auraient aimé se retrouver et présenter de vive voix leurs différents projets devant leurs professeurs. Ils se sont adaptés à la situation présente, même si elle était inconfortable. Puissent-ils tous être réunis début septembre dans leur école pour célébrer heureux la remise de leur bachelor…

Laurena a déjà expérimenté une année particulière avec celle du bac, sans être au lycée pour explorer une éducation connectée à la nature dans le long métrage - docu-fiction Green Teens. Elle avait réussi son bac, inscrite en candidate libre, en suivant les cours par correspondance du CNED : « je me suis retrouvée à nouveau dans une situation particulière avec ces examens à distance en juin 2020. Comme quoi, on ne sait jamais à quoi s’attendre… »

Nous aussi, nous nous sommes adaptées avec courage et persévérance pour aboutir le défi créatif de Green Teens. Le doute, le découragement, le stress se sont invités à tour de rôle… heureusement, l’enthousiasme a toujours été notre clé. Nous vous la transmettons afin qu’à votre tour vous puissiez réaliser ce qui est essentiel pour vous. A bientôt pour d’autres bonnes nouvelles ! Bel été à toutes et tous.


Marine Locatelli, 23 juin 2020







2 vues
  • Marine

"Toute les couleurs de la Terre, Ces liens qui peuvent sauver le monde"

Co-auteurs : Damien Deville (franco-burkinabé, géo-anthropologue et écologiste engagé pour la diversité des territoires) et Pierre Spielewoy (juriste en droit international et doctorant en anthropologie du droit au Muséum national d’histoire naturelle), TANA Editions.

Toutes les couleurs de la Terre se lisent comme un voyage exploratoire autour du monde, dans nos territoires assoiffés de nature, de jardins potagers, dans les mémoires de villages oubliés et abandonnés des Cévennes, dans les villes qui étouffent d’être séparées et coupées du vivant, avec des humains éloignés des animaux et de leurs instincts, de l’intelligence animale capable d’apporter des solutions concrètes quand un problème bouleverse son territoire. Les animaux exercent leur agentivité et nous surprennent en agissant sur le monde. Malheureusement les humains sont souvent indifférents aux émotions animales alors que les animaux sont aussi sensibles que nous. Monde où l’absence d’empathie crée trop de souffrances.

L’écologie relationnelle en société que Damien Deville et Pierre Spielewoy nourrissent de leurs recherches se déploie tout au long de ce livre à travers nos rapports au vivant et comment nous avons transformé nos territoires, comment nous avons sacrifié et effacé une diversité millénaire au nom du capitalisme.

L’écologie relationnelle est essentielle pour affronter l’avidité humaine sans limites, qui pense toujours en terme de capital.


Gouache et collage de Florane

L’exploration de Damien Deville et Pierre Spielewoy se tisse autour de la rencontre avec l’autre, l’humain ou le non humain, de l’Australie à l’Occident, en traversant l’Afrique. Sur tous les continents, des liens à tisser et renforcer pour se sentir vivants, prêts à changer le cours de la vie, pour plus de présence et de respect. Assez de l’hégémonie occidentale, comme si nos modèles avaient vocation à être universels.

« La fin des colonies marque une autre forme de mainmise dont la violence est insoluble : la domination des idées occidentales sur la diversité des façons de vivre et de penser les sociétés ».

La Côte d’Ivoire en est un exemple. Transformée par l’économie du cacao dans les années 1970, elle a malheureusement sacrifié l’espace nécessaire à la production de céréales et de légumes indispensables à l’alimentation quotidienne. Et la perte de ses forêts a des conséquences sur le climat comme dans d’autres pays. Les éléphants ont aussi été décimés.

Comment dès lors habiter la Terre et apprendre à partager ?

Partager la nourriture, les espaces, la vie entre humains et non humains.

Comme hier « on savait être solidaire en Afrique. La nourriture était toujours partagée. Des plus riches aux plus pauvres, tous se protégeaient et évitaient les processus d’isolement et de trop grandes inégalités entre eux. »

Comment recréer et tisser du lien avec le vivant, entre nous ?

Aujourd’hui, « les jeunes voyagent énormément, mais sans réellement prendre le temps de s’imprégner des lieux visités, ils décuplent les expériences professionnelles et participent à plusieurs entreprises à la fois ». Frénésie du toujours plus, d’une consommation inconsciente, d’un voyage comme d’un menu vite oublié. Il manque cruellement un cheminement intérieur.

Avec quelle conscience pour la vie agissons-nous ?

« Tout être est de lumière », écrivent Damien et Pierre.

En Australie aux abords des villes, les koalas sont victimes de la circulation automobile. Aussi pour leur sécurité, ils se retrouvent déplacés dans des espaces naturels clôturés comme de vastes zoos. Les koalas souffrent malheureusement de consanguinité dans ces espaces fermés et les conflits éclatent entre eux. Pourquoi créer des prisons en pleine nature quand les koalas ont besoin de construire leurs propres espaces et structures d’émancipation, même en zone périurbaine ? Les espaces terrestres ne sont pas la propriété des humains. Nous vivons séparés des koalas sans imaginer que nous pourrions réunir nature et culture.

Selon le paysagiste Gilles Clément, « les jardins ont toujours été de petites parenthèses où le lien peut indéfiniment se reconstruire. »

Qu’attendons-nous pour créer des jardins-potagers, des vergers dans nos communes et nos villages, en ville ou à la périphérie des villes, afin de nous relier aux autres et de nous nourrir avec des produits locaux et de saison ? Nous pourrions créer des liens intergénérationnels forts, égrener de la vie au fil des jours, nous soutenir dans un monde où notre humanité s’effiloche pour des individualités égoïstes. Rendre enfin au vivant la place qu’il mérite en nous permettant de créer du lien entre nous. « Vivre dans un territoire est un art nourri des relations que nous tissons avec lui. »

Comment ne pas être touché par la tomate que décrivent Damien Deville et Pierre Spielewoy, cet éveil des sens avec un goût prononcé pour la saveur de vivre pleinement ?

« La dernière tomate est extrêmement symbolique. La cueillir est un moment tant apprécié, que redouté, car elle livre en bouche les saveurs suaves d’une chair tendrement sucrée, et elle offre à l’odeur un doux parfum de nostalgie. La déguster devient alors une cérémonie, une ode à la vie, la conclusion d’un cycle. (…) La dernière tomate mangée indique que l’été vient de s’achever. ».

Cette célébration de la tomate est un acte de pleine conscience, de reliance à la Terre, au jardinier, aux valeurs de nos vies.

Combien d’entre nous aujourd’hui plantent arbres et fleurs, graines de potager, en prenant soin des jardins de la vie avec amour, lenteur et patience ? Car tout demande du temps.

« Les jardins sont des chemins de traverse où l’on prépare quotidiennement des réponses aux problèmes de l’existence. »

Les arbres aussi sont nos maîtres de sagesse. Les conteurs les retrouvent pour réunir une assemblée d’enfants, des familles, des humains de tous âges pour partager légendes, conversations et palabres à l’ombre de leur feuillage.

« L’arbre millénaire renvoie l’image d’un sage vénérable, dont la barbe de feuilles invite au respect et à la compréhension d’un temps noble et prodigieux, d’un temps dont les sociétés contemporaines pourraient s’inspirer pour concevoir leur rapport à ces êtres silencieux et veiller à préserver leur belle santé. »

En se rapprochant de la fin de ce livre si coloré par la diversité de sa géographie et des liens qui nous rendent vivants, une place est ouverte au cinéma et à ses grands mythes (Avatar, La planète des singes) pour nous rappeler combien il est précieux de vivre en harmonie avec la nature et tous les êtres vivants.

Oserons-nous sauter dans l’inconnu et tisser de nouvelles relations avec plus d’humanité auprès des mondes humains et non humains ? Car c’est en ouvrant nos cœurs à la différence et à l’acceptation de l’autre, que nous pourrons vivre ensemble en appréciant et respectant tous les êtres.

Souhaitons que Damien et Pierre soient des chercheurs écoutés parce que leurs jeunes voix sont porteuses d’un futur éclairé et empreint de compassion.


Marine Locatelli, 9 mars 2020.


2 vues
bottom of page